18 février 2006
Jay Dee - Master of Beats / RIP
Vendredi 10 Février, le ciel était plus étoilé que les autres jours car Jay Dee venait malheureusement de décéder. Il souffrait depuis 3 ans d’une maladie de sang incurable, qui l’avait éloigné des studios mais pas de la musique, puisque son dernier opus a en parti été réalisé à l’hôpital.
Le monde est ainsi fait… et ce sont les meilleurs qui partent les premiers :-( Jay Dee a rejoint les étoiles mais laisse derrière lui un héritage sonore colossal, fait de « classics » et d’aventures artistiques, qui le garderont à jamais gravé dans l’âme de ses auditeurs.
A travers cet article OWO souhaite rappeler et/ou faire découvrir l’importance de Jay Dee dans le mouvement Hip Hop, qu’il a marqué de son empreinte et dont le travail en tant que beatmaker a marqué les producteurs en devenir.
James Yancey aka Jay Dee est un natif de Détroit, ville propice à de bonnes vibes soul, qui est passionné de son et toujours en train de tripoter sa MPC.
En 1994, Amp Fidler, autre natif de la Motor City et musicien de renom, le présente à Q Tip qui sent le potentiel ahurissant de ce jeune producteur de 19 ans et l’engage dans la fameuse team de Beatmakers : The Ummah
En 1996, alors que le mouvement Hip Hop est en plein essor, il lâche 5 prods sur le désormais classique album, de ATCQ « Beat, Rhymes & Life » et pas des moindres puisque parmi elles, il y a les hits « 1nce Again » et « Stressed Out ».
Lors de cette même année, il signe différents remixes ou beats pour des artistes tels que Busta Rhymes (remix de WhoAh), Keith Murray (remix de The Rhyme), De La Soul, Mad Skillz, Proof, etc. Mais il ne s’arrête pas là, car Jay Dee, homme passionné par la musique et très prolifique, signera un autre Classic en réalisant la quasi totalité des prods de «Labcabincalifornia » des Pharcyde (Keep in Runnin way, hey, hey… pff… Immortel ce son !!).
C’est aussi en 1996, qu’il sort le 1er album de son groupe : Slum Village (avec les MCs Baatin et T3). Même si malheureusement « Fant-as-tic » ne verra jamais le jour chez un disquaire, il permet à Jay Dee de s’émanciper de la griffe de The Ummah et ainsi prédéfinir la sienne.
Il participe a deux des plus grands albums du Hip Hop la même année, so Big Respect !!
Ainsi Jay Dee remixera et/ou fournira (car ce gars là a même fait des remixes de ses propres prods) des beats a tous ceux qui souhaitent une grosse touche de Soul & Jazz ou qui n’ont pas peur d’aller de l’avant (tout en respectant le passé). Il enregistrera donc avec : Erykah Badu, The Roots, Common, D’Angelo, Mad Skillz, De La Soul, Keith Murray, Chino XL, DMX, Mos Def, Talib Kweli, Royce Da 5'9’, Busta Rhymes, N’Dea Davenport, Heavy D, Phat Kat, Frank N Dank, Macy Gray, Guru, Bilal, Lucy Pearl, Cam, Spacek, Oh No, MED, and more…
Et bien sûr, il produira le second album « Fant-as-tic Vol 2 » de Slum Village, son groupe d’origine et participera aussi, mais de façon plus sporadique, au 3ème album du groupe.
Parmi ces collaborations, il travaillera avec la jeune garde de la scène Soul de Philadelphie (Detroit to Philly let’s keep the Soul alive !!), et intégrera le combo Nu Soul : The Soulquarians
Jay Dee a ainsi développé sa griffe sonore : basse gonflée, ambiance cradifiée, sample soul/jazz/funk torturé… et il n’a eu de cesse de la faire évoluer, s’aventurant même sur des prods plus électrifiées pour le bonheur de nos oreilles (notamment avec ses homies : Frank N’ Dank) ;-)
Loin de l’opportunisme et des spotlights du muzic bizz, Jay Dee est un artiste qui reste confiné dans son studio à confectionner et faire avancer sa musique. Il ne choisit pas ses collaborations en fonction de l’aspect financier mais uniquement de l’aspect artistique et humain.
Il travaillera avec différents labels indépendants qui défendent les mêmes valeurs que lui et qui propagent un Hip Hop sans concession commerciale tels que Up Above, BBE, Stones Throw, Ubiquity, Barak etc… La démarche est identique au niveau de ses collaborations artistiques.
Pour conserver sa liberté artistique ou la faire évoluer, il brouille les pistes en signant ses projets avec diverses identités : Jay Dee, J Dilla, Que D, J-88
Il fournit des classics au Hip Hop mais en tant que beatmaker, participe grandement à son évolution en signant des projets atypiques avec son soul-brotha : Madlib.
Quand deux passionnés, boulimiques de loop diggin et amateurs de Blunts, se rencontrent, qu’est-ce que ça donne?? Un groupe, Jaylib, et une petite révolution musicale qui suinte la passion, l’inventivité et le Hip Hop sur toutes ses pistes.
En 2003, les deux ayatollahs de la MPC 2000 et SP 1200 décident de s’atteler à la production d’un album commun qu’ils nomment "Champion Sound".
Avant de partir, J Dilla nous a laissé un testament musical avec :
- « Donuts » via le label Stones Throw. Ce disque démontre, s’il y en avait encore besoin, le génie de ce producteur, véritable chirurgien du beat qui lâche ici 31 prods à faire frémir les MCs !!
- « The Shining », Un album de Jay Dee est prévu pour le 25 avril 2006 sur le label anglais BBE
- « Jay Love Japan » le Ep de Jay Dee sorti uniquement au Japon sur le label Operation Unknown avec des featurings de la chanteuse Truth Hurts, de Raekwon, de Blu et de Taraach
Il y aura aussi beaucoup de rééditions (muzik bizz always surfing on the wave… Suckers!!) et comme Jay Dee n’était pas fan des mondanités, préférant rester dans son studio, il y a beaucoup de matière inédite, que nous serons heureux de découvrir.
Verdict : Il a construit avec ses beats un pan de l’histoire du Hip Hop, prêtant sa couleur a des albums mythiques et produisant des maxis « classics ». Sa passion pour la musique était sans limite et elle se ressent dans ses sons.
Il laisse une discographie énorme mais sans la reconnaissance médiatique qu’il méritait…c’est donc de façon posthume (comme souvent malheureusement) que celle-ci va sûrement arriver mais elle permettra au moins de l’établir comme l’un producteurs majeurs de la culture Hip Hop.
So Rest In Peace Jay Dee.
Discographie complète de Jay Dee --> ici
Quelques sons/clips pour honorer sa mémoire :
- Slum Village - CB4
- Busta Rhymes - WhoAh
- Steve Spacek - Dollar
- Pharcyde - Be Like That
- ATCQ - Stressed Out
- ATCQ - Find A Way
- Common - Light
- Erykah Badu - Kiss on my neck
- Phat Kat - Destiny
- Amp Fiddler - Waltz Of A Ghetto Fly
- MED - Push It
Peace,
Souljunky.
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17:45 Ecrit par souljunky dans Muzik / Focus On | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musiques, jaydee, jdilla, rip, dead, detroit, jaylib, donuts, stones throw
12 février 2006
RIP - Jay Dee aka J Dilla - 1974/2006
Ce sont toujours les meilleurs qui partent le plus tôt :(
Jay Dee, producteur Hip Hop reconnu, authentique et innovant vient malheureusement de nous quitté...mais ça musique, intemporelle, elle, restera dans nos oreilles à jamais.
Reste In Peace Mister J Dilla !!
Triste coincidence, alors que son nouvel album "Donuts" est sorti cette semaine, James Yancey aka Jay Dee aka J Dilla est décèdé vendredi 10 février dans un hopital de Los Angeles. Le producteur de Detroit souffrait depuis 2 ans de graves problèmes rénaux
qui l'avaient contraint à l'hospitalisation.
For Ever Jay Dee's Vibes :
Peace,
OWO Crew / Souljunky + K-Lim
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00:10 Ecrit par souljunky dans V.I.P. & R.I.P. | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musiques, jaydee, jdilla, rip, dead, detroit, jaylib, donuts, stones throw
10 février 2006
Dwele - Motorcity Soul / album Some Kinda
Quand on parle de Soul ou de Nu Soul (étiquette mise sur la nouvelle génération), on pense souvent, avec raison d’ailleurs, à la ville de Philadelphie. Cependant il ne faut pas oublier, la ville des Pistons et du fameux label Motown (avant qu’il ne déménage à L.A.), j’ai nommé la Motorcity : Detroit.
Cette ville qui porte la paternité du mouvement techno, notamment grâce Underground Resistance, et qui accueille le Detroit Electronic Music Festival, est aussi un vivier pour la nouvelle scène Nu Soul.
C’est en baignant dans cet héritage culturel que Antdwele aka Dwele découvre la musique, les oreilles assaillies par Miles Davis, Steevie Wonder ou Marvin Gaye. C’est suite au décès de son père qu’il décide de faire de la musique afin de trouver un refuge et un moyen d’exprimer ses émotions (exutoire ?).

A partir de là « la musique est ce qu’il fait et ce qu’il est.». Il se lance alors dans l’apprentissage du piano, puis comme par boulimie, il apprend la basse, la guitare et la trompette (rien que ça !!). Il est élevé aux rythmes Jazz/Soul/Funk mais c'est un enfant du Hip Hop. C’est donc tout naturellement qui se lance, en tant que MC, dans ce mouvement. Dwele multiplie les séances en studio et ses rencontres le conduisent à collaborer avec de nombreux artistes : le crew Bling 47 (Platinum Pied Pipers), Bahamadia, Boney James, New Sector Movement... Ces collaborations donneront naissance à de nombreux morceaux dits "unreleased" encore très difficiles à trouver aujourd'hui.
Il commence à se produire dans un club de Détroit appelé Café Mahogany, où il oscille entre rap et chant, et y fait une rencontre humaine et artistique avec le groupe Slum Village. Le courant passe bien entre eux et rapidement ils collaborent, donnant naissance à un pur morceau « Tainted ».
Bien qu’ayant sorti un premier disque, « Rize », c’est grâce au superbe accueil du single « Tainted » que Dwele aura l’occasion de sortir son premier album.
En 2003, le grand public découvre avec l’album Subject, la personnalité de ce jeune prodige, multi-instrumentiste qui porte aussi les casquettes d'auteur, compositeur, interprète et producteur. Sa musique est un mélange de soul, de jazz et de hip-hop. Il combine ces trois éléments afin de créer un type de musique qui peut être écouté en toute occasion.
Playlisté par Gilles Peterson dans son émission Worlwide sur BBC1, il rencontre un succés d’estime certain et se retrouve convié à jouer sur scène par grands noms de la Soul tel que Roy Ayers ou encore Roy Hargrove.
En 2005, il sort son deuxième opus : Some Kinda. Toujours imprégné de Soul, on note cependant que ses différentes collaborations avec la scène Broken Beat (Jazzanova) ou électro (avec son pote de Détroit, Recloose) pousse Dwele à regarder vers l'avant et concevoir un son futuriste.
Verdict : Plutôt que d’oser d’ hasardeuses comparaisons avec d’autres acteurs de cette scène Nu Soul, autant dire la vérité : Dwele en est le futur ;-) Il prends l’essence de la soul, du jazz et du funk pour créer une mixture teintée de beat Hip Hop, d’électro et de Broken beat. Sa voix se pose avec douceur mais surtout de manière très différente de ce que l’on peut entendre habituellement.
Alors que vous casser les oreilles avec du R&B sucré au Marketing, laissez-vous transporter par la Soul futuriste de Dwele.
(Article publié aussi sur M-La-Music.net)
Petits préludes pour votre voyage :
- Dwele - Weekend Love / Some Kinda
- Dwele - Find A Way / Subject
- Dwele - The Truth / Subject
- Slum Village Ft Dwele - Tainted
Peace,
Souljunky.
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19:40 Ecrit par souljunky dans Muzik / Focus On | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musiques, dwele, detroit, nusoul, soul, jazz, funk, subject, some kinda





